"Croisons les arts entre Haïti et la France", Un projet, des objectifs, des actions…

Les associations françaises "La lorgnette" et "Parle", s’unissent avec le centre culturel Haïtien « Pyepoudre. » Ensemble, ils décident de faire vivre le projet « Croisons les arts entre Haïti et la France » qui s’articule autour des objectifs suivants…

  • Permettre une meilleure connaissance des deux cultures dans le respect des différences et des similitudes de chacune d’entre elles.
  • Explorer le concept de « l’art éducation » au niveau des deux pays, dans une dimension humaniste et universelle.
  • Développer des modules d’actions et de formations pour et avec un public jeune, dans le domaine du théâtre et des arts plastiques.
  • Elargir les applications à la danse, la musique, la littérature, la poésie.

Première action : Port au prince, Haïti.

Gilbert Rault et Joëlle Legland ont passé deux semaines en Haïti, du 15 mars au 1er avril 2012, dans le cadre du partenariat avec le centre culturel Pyepoudre. Nous avons collaboré avec les équipes de Paula Clermont Péan (directrice du centre). Il s’agissait d’explorer notre volonté de partenariat en développant une action concrète de terrain autour d’ateliers de pratiques artistiques et de formation. Cette action reposait sur l’idée partagée de l’importance de l’éducation artistique et de la nécessité de son développement sur la plus grande échelle possible.

- Nous avons été attentifs à prendre la mesure des pratiques en cours. En fonction du programme, nous avons été à l’écoute des intervenants haïtiens et de la pédagogie qu’ils développent au cours de leurs ateliers. - De notre « place », nous avons proposé des ateliers de théâtre et d’arts plastiques en nous appuyant sur l’universalité des contes. C’est Gilbert Rault, comédien, qui a animé les séquences théâtre. C’est Joëlle Legland, enseignante et plasticienne, qui est intervenue en synergie, sur la dynamique de la poésie et des arts plastiques. - Nous avons travaillé avec 193 enfants. 6 lieux différents nous ont accueillis (3 à Port au Prince, 3 en province.) Sur ces lieux, nous avons organisé 9 mini stages d’une journée (de 9h à 16h). 3 enseignants, 4 animateurs extérieurs, 5 artistes ou animateurs du centre culturel Pyepoudre ont participé à ces travaux.

Seconde action : Port au prince, Haïti.

Gilbert Rault et Joëlle Legland ont passé presque trois semaines en Haïti du 30 novembre au 19 décembre 2012.




- Avec 8 à 10 jeunes adultes pratiquant le théâtre dans le cadre des activités de Pyepoudre, et, pour certains qui interviennent eux-mêmes dans le cadre d’ateliers « arts éducation » avec des enfants, nous avons pu établir un cycle de trois ateliers. C’est ce groupe, très dynamique, qui pourrait participer à l’action d’échange en Seine-Maritime (France).

- Avec des enfants entre 8 et 14 ans (environ 90) nous avons mené trois journées d’ateliers dont deux en province à Lamardelle, et une à Port au Prince. Nous y avons mêlé la lecture, l’art plastique, le théâtre, avec comme thème central un conte connu des deux cultures : « Le Petit Chaperon Rouge. »



- Le directeur de la SHAA (Société Haïtienne des Aveugles et des Amblyopes) nous a sollicités pour une intervention auprès d’une dizaine de jeunes aveugles. Nous avons répondu favorablement et mené un atelier très intéressant autour du conte. Nous sommes convaincus que « l’art éducation » a sa place dans ce type d’établissement.

- Avec Paula nous avons présenté notre projet lors de différentes réunions. Nous avons été reçus à l’Institut français par Corinne Micaelli directrice exécutive, à Fokal par la directrice Lorraine Mangonès, et à « Formation Culture Création » par Colette Armenta Pérodin, également directrice exécutive. Enfin, Le ministre de la Culture nous a reçus et nous avons eu le temps nécessaire pour développer nos idées, en discuter et envisager les pistes de soutien possible avec l’état haïtien.

Troisième action : Dieppe et département 76, France.

…Du 18 octobre 2013 jusqu’au 3 novembre 2013, nous recevons un groupe de 12 Haïtiens qui viennent en France pendant 2 semaines et partagent avec une vingtaine de français une aventure humaine, culturelle, et artistique.

Phase 1 :

Entre septembre et octobre, depuis son pays, chacun des groupes, prépare un travail autour des thèmes développés dans le célèbre roman de Golding : « Sa majesté des mouches. » Le traitement artistique est large entre théâtre, danse, chant, récit, arts graphiques, etc.

Avec Paula et Joëlle, nous avons tracé les lignes d’un synopsis : «Un groupe de jeunes, après une tempête et le naufrage du navire qui les transportait, se retrouve isolé sur une île déserte et cependant hospitalière. Passé le premier choc, un consensus de survie est mis en place et accepté collectivement, deux clans se forment avec deux façons de construire la vie en société. Très vite des animosités naissent, des rivalités et des jeux d’influences perturbent la vie quotidienne, des trahisons et des ralliements bousculent les équilibres fragiles. Il n’y a plus qu’un pas à faire pour que s’installent la violence et ses dérives… » On parle de démocratie, de dictature, de solidarité, d’altérité, de la complexité de la vie… Bien évidemment, il ne s’agit pas de forger une dynamique de rivalité ou de dualité dans ce travail préparatoire. Nous saurons instaurer entre les équipes, un espace de complicité, de curiosité. Croiser les Arts, c’est, dans notre projet partenarial, faire œuvre commune de nos forces.



Phase 2 :

Le groupe de jeunes haïtiens sera accueilli en France du 18 octobre au 4 novembre. Le site retenu est la ville de Dieppe. L’hébergement sera assuré au domaine des roches à Dieppe. Le programme sera axé sur la rencontre humaine et le croisement des arts. Plusieurs moments seront consacrés à la découverte du département d’accueil. Deux journée à Paris clôtureront le séjour.

Cette phase durera une semaine en partenariat avec la Maison des jeunes de Neuville les Dieppe, l’association Oxygène, La maison J. Prévert. Son objectif est de former une « troupe » avec les deux groupes. - Dans un premier temps chacun d’eux présentera son travail. - Dans un second temps, il faudra organiser la création collective qui sera montrée lors de la phase 3. Il s’agira de faire œuvre commune, en réalisant un montage pour se retrouver « en jeu et ensemble ». Le français et le créole seront utilisés. Le travail de chœur, la dimension chorégraphique et l’engagement corporel serviront de fil conducteur.